Sylviane Leplâtre – œnologue

Sylviane Leplâtre – œnologue
Sylviane Leplâtre – œnologue

Sylviane Leplâtre – œnologue

Qui êtes vous Sylviane ?

Je suis ingénieur agronome et œnologue, en d’autres termes je m’occupe de la vigne de sa plantation à la mise en bouteilles du vin. La partie agronomie concerne la technique de culture de la vigne, l’étude des sols, des actions à mener en fonction de la météo, … finalement c’est la phase de préparation pour avoir un beau raisin pour préparer dans de bonnes conditions l’étape suivante, la vinification. La partie œnologie porte quant à elle sur l’élaboration du vin et son élevage.
J’offre aujourd’hui mon expertise en France et à l’international principalement en Amérique du Sud. Le conseil que je propose consiste en une assistance technique pour optimiser ou faire évoluer les techniques de production, en fonction d’objectifs de production ou de commercialisation précis. C’est indispensable d’avoir la double casquette agronome-œnologue car on ne peut élaborer un vin qualitatif qu’en ayant des raisins de qualité.

Pourquoi avoir choisi ce métier, comment y êtes vous arrivée ?

Ce qui m’a beaucoup plus dans la culture de la vigne c’est ses multiples facettes qui demandent énormément d’attention et d’adaptation car les choix que l’on fait en amont se ressentent plus tard dans le verre. Il y a aussi une dimension humaine qui est très enrichissante car je rencontre des des personnalités variées. Pour s’occuper de la vigne et du vin il faut des connaissances dans de nombreux domaines techniques, j’ai donc passé le diplôme national d’ingénieur agronome à SupAgro Montpellier avec les spécialités viticulture et œnologie. Puis j’ai obtenu le diplôme d’œnologue de la même école. Ensuite j’ai commencé à travailler dans le Languedoc avec des cépages très divers (dans cette région, tous les cépages peuvent être produits), c’était stimulant et dynamique car une adaptation permanente aux conditions environnementales est indispensable, ainsi que la prise en compte des aptitudes humaines.

Pourquoi avez-vous accepté de travailler pour la ville de Paris ?

Je connaissais l’ancien œnologue de la Ville de Paris qui voulait arrêter son activité. Il m’a parlé du renouvellement de l’appel d’offre, j’ai candidaté et je l’ai eu, c’était en 2013. Toutefois je m’occupais déjà des vignes de Courbevoie et du Blanc-Mesnil, ce qui m’a permis d’avoir une connaissance du climat d’Île-de-France et des clefs de compréhension pour m’occuper des vignes de Paris intra-muros comme celles du Clos Montmartre.

Comment est-ce que vous travailler avec le Clos Montmartre ?

En relation avec les jardiniers de la Ville de Paris, je leur propose des interventions à toutes les étapes du cycle de la vigne et, avec les bénévoles du COFAS, j’interviens à toutes les étapes de la vinification et de l’élevage du vin. De manière générale les vendanges se font avant fin septembre. Mais les épisodes de canicule que l’on a connus cet été ont accélérés la maturation des raisins ; les vendanges en ce qui concerne le Clos Montmartre auront par conséquent environ deux semaines d’avance. La difficulté avec les vignes du Clos Montmartre réside dans le fait qu’il y a une trentaine de cépages différents sur environ 15 ares. Ces cépages n’ont pas la même durée de maturation et pour des raisons pratiques on ne peut pas organiser une vendange par cépage ! Il faut essayer de trouver un compromis pour récolter tous les raisins ensemble, ce qui demande de l’imagination et de l’organisation. On a mis également en place depuis quelques années des techniques de culture respectant les principes de la viticulture biologique, que cela soit en vigne ou en cave.
Pour le moment la vigne n’est pas labellisée mais nous respectons le cahier des charges de la viticulture biologique.

Pour améliorer l’élaboration du vin nous avons réaménagé la cave, changé le pressoir et nous nous sommes doté de tonneaux en chêne pour l’élevage du vin rouge. Dans le même esprit, immédiatement après les vendanges il y a un tri qui s’effectue en cave pour séparer les raisins qui sont plus adaptés pour faire du rosé d’un côté et ceux pour faire du vin rouge de l’autre.
Cet ensemble d’actions permet d’améliorer la qualité du vin, tout en respectant sa personnalité.

Que représente les vendanges pour vous ?

C’est bon signe ! Cela veut dire qu’on a rentré les raisins et qu’ils sont à l’abri ! Tant qu’ils ne sont pas dans la cave on est sûr de rien ! A ce stade on sait à quoi le vin va ressembler, c’est une forme de satisfaction car c’est l’aboutissement du travail d’une année.

La Paix est le thème de cette année. Qu’est-ce que celui-ci vous évoque?

Dans les pays où il y a des vignobles il y a la paix, car une vigne demande du temps et de la durée tranquille pour produire du vin !