Le parrain Hugues Aufray et la marraine Sarah Biasini

À la recherche de l’histoire d’une ville.
De ses traditions, d’une époque fondatrice de sa culture.
Nos pas sont tout naturellement orientés vers Montmartre.
Un quartier de Paris qui vous replonge dans le temps et vous donne envie d’imaginer le rythme d’une époque passée.

Un village presque sauvagement gardé.
Ses habitants, les authentiques et les adoptés. 
Une butte qui élève le corps et l’esprit.
Il faut mériter ce point de vue unique sur la capitale. 
Enrouler son pied avec un petit effort sur cette butte tenace.
Et en ce mois d’octobre une douce liqueur violacée, cramoisie vient nous récompenser.
Mon palais se délecte du vin montmartrois sous les lumières de la butte. 
Je pense à tous les artistes qui s’y sont enivrés. 
Et en particulier ce bel italien, Modigliani, orgueilleux de ses lignes précises et de ses courbes poétiques.
Tant d’artistes ont trouvé refuge haut perché dans Paris, comme inaccessibles et protégés sous le ciel étoilé.
En 1917, La lumière traverse les ateliers du Bateau-Lavoir. Elle inspire Modigliani, Picasso, Derain, Matisse, Van Dongen et tant d’autres.
Trinquons avec eux.
Un siècle plus tard, revivra un peu de cette histoire au théâtre de l’Atelier, lui aussi incontournable dans l’histoire de Montmartre.

Vive les arts !

Sarah BIASINI

La Lumière

Face à l’obscurité la lumière mène un combat sans fin… éternel duel de la dualité… Sœurs ennemies mais complémentaires…deux faces d’une même réalité prisonnières de l’engrenage espace-temps…

l’une n’existe pas sans l’autre…

Mais peut-on parler de l’une sans l’autre ? C’est pourtant ce que l’on me demande de faire aujourd’hui en tenant compte du fait qu’il y a « La Lumière » mais aussi « Les Lumières ».

Commençons par le commencement.

Qu’est ce que la lumière ? La lumière est un phénomène physique,

un transport d’énergie sans transport de matière, une onde électromagnétique, perceptible par la vision humaine.

La lumière permet à nos yeux de différencier les objets, les couleurs, les distances, les volumes etc… La Lumière voyage en ligne droite, vitesse moyenne 299 792 450 mètres/secondes ;

Indispensable à l’environnement elle maintient l’équilibre naturel (écologique) en engendrant la chlorophylle qui régénère l’oxygène: c’est dire son importance !

La lumière a aussi une valeur symbolique dans toutes les cultures humaines. Ecrites au pluriel Les Lumières ouvrent les voies de la connaissance scientifique et philosophique.

Dans nos civilisations occidentales elles sont synonymes de Progrès.

La Lumière, c’est la Vie !

Le grand physicien américain Stephen Hawking a déclaré récemment : « Avant le Big Bang il n’y avait ni espace… ni temps… ni ombre… ni lumière, il n’y avait RIEN. Il ne pouvait pas y avoir d’esprit supérieur, d’intelligence transcendantale, en un mot il ne pouvait pas y avoir de Dieu Créateur ». Satisfait par ce constat Stephen Hawking développe alors ses connaissances et ses théories géniales basées sur un athéisme convaincu, et rejoint Jacques Monod, Prix Nobel, (Le hasard et la nécessité)

Je ne suis pas du tout convaincu par ce concept… Hawking reconnait qu’avant le Big Bang, il n’y avait RIEN! L’intelligence humaine est dans l’incapacité de concevoir ce RIEN, comme il est incapable

de concevoir le vide, l’infini ou l’éternité… Ce RIEN existe pourtant puisqu’il porte un nom qui s’écrit avec quatre lettres, comme le mot TOUT ou si l’on préfère, à deux lettres près, comme le mot DIEU

Si mes souvenirs sont bons, en algèbre on pourrait dire que RIEN égale TOUT égale DIEU

Comme l’on posait la question à Saint Augustin : » Que faisait Dieu avant de créer le Ciel et la Terre ? »

Le Saint répondit: « Dieu ! Il préparait l’Enfer… pour les Curieux ».

Les Curieux s’emparent du mot TOUT. Ils chercheront le » Comment » des choses. Ce seront les savants.

Les Philosophes s’emparent du mot DIEU. En recherchant

le « Pourquoi » des choses, ils vont disserter et surtout se disputer.

Pour avoir osé maintenir que la Terre n’était pas le centre du Monde et de l’Univers, Giordano Bruno, frère dominicain, paiera de sa vie

à la place de Galilée et sera brûlé en place publique en 1600.

En l’an 2000 le « Pontificam Concilium Cultura » de Rome sous

la responsabilité du Cardinal Poupard, refusera la réhabilitation

du génial Giordano Bruno, réhabilitation qu’il accordera à Galilée, condamnant définitivement et pour la deuxième fois le moine dominicain à être brulé sur le bucher de l’aveuglement dogmatique.

« Les Lumières » peuvent rendre aveugle !

Aristote, Saint Augustin puis Alain De Lille (12eme siècle) dans son Sermon sur la Sphère Intelligible ont une vision magistrale

de l’Univers. Blaise Pascal reprendra cette théorie, écrivant :

« Que l’Homme contemple la Nature entière dans sa haute et pleine majesté, qu’il éloigne sa vue des objets bas qui l’environnent.,

qu’il regarde cette éclatante LUMIÈRE mise comme une lampe éternelle pour éclairer l’Univers… tout ce monde visible n’est qu’un trait imperceptible dans l’ample sein de la Nature… Nous avons beau enfler nos conceptions au-delà des espaces imaginables nous n’enfantons que des atomes … » Il termine en s’attribuant la formule de ses prédécesseurs : « l’Univers est une sphère infinie, dont

le centre est partout, la circonférence nulle part »

Hugues-Aufray-par-Jean-Baptiste-Mondino
©Jean-Baptiste Mondino

Quelques siècles plus tard, Henri Poincaré découvre le principe de la Relativité. Einstein, sept ans après, et avec son génial talent de communiquant, reformulera la théorie, relançant ainsi la marche du progrès scientifique.

Einstein a souvent dit que « l’esprit scientifique n’est rien sans l’imagination »

En effet c’est mon imagination qui m’a conduit à découvrir le monde de la Physique Quantique…

J’en conclu que l’imagination est une sorte de Lumière intérieure, mystérieuse, difficilement explicable, considérée par certains comme l’Inspiration

Mystérieuse hors du temps et de l’espace, cette « Lumière abstraite » a éclairé le penseur Montaigne, le musicien Jean Sébastien Bach, le poète visionnaire Rimbaud, le peintre Botticelli et le non voyant Ray Charles… et tant d’autres…

Mon imagination aujourd’hui m’inspire cet axiome: « La LUMIÈRE de l’esprit éclairait l’intérieur de la Sphère Infinie, sans aucune ombre, elle régnait avant le Big bang sur la SYMÉTRIE ABSOLUE » de st Augustin.

Enfin Van Gogh vint !

Délaissant les brumes de la Hollande il va éclairer ses toiles du soleil et de la lumière qui manquaient aux « Mangeurs de pomme de terre » et aux « Mineurs des Corons »

Son prédécesseur Johannes Vermeer avait déjà tout compris de la Lumière. Avant eux les peintres restaient souvent enfermés dans leurs ateliers. Suivant Vincent, les Impressionnistes, Pissarro, Lautrec, Renoir, Manet, Monet, Sorolla vont s’épanouir sur les bords de Seine, les côtes méditerranéennes., l’Espagne, l’Italie… plusieurs grands noms redécouvrent ainsi la lumière naturelle. Ils prennent pour nom l’École des les Nabis, -nomqui signifie Prophète inspiré de Dieu-,… puis les Fauves, Gauguin, Bonnard, Matisse enchainent…

Mais n’oublions pas que dans la Grotte Chauvet en Ardèche, 30 000 ans avant Lascaux, des peintres de génie peignaient déjà à la lueur de leurs lampes à huile !

« Et la Vigne de Montmartre dans tout cela, Monsieur ? »

« Et bien, elle est toujours là, accrochée sur cette colline qui a inspiré tant d’artistes, tant de poètes… entre la rue des Saules et la rue Saint Vincent chantée par Aristide Bruant au Lapin Agile, le cabaret peint par le Montmartrois Utrillo.

Cette petite vigne merveilleuse témoigne de la fidélité, de la persévérance de ceux qui se battent pour sa pérennité.

La République de Montmartre fondée en 1929, année de ma naissance, par le merveilleux dessinateur Francisque Poulbot, a largement contribué à sauver le Clos Montmartre

C’est à deux pas de cette Vigne que la merveilleuse Lady Patachou dans son célèbre Cabaret, fit connaître au Tout-Paris le plus grand poète de la chanson et de la poésie populaire française : Georges Brassens !

C’est sur la petite scène de ce cabaret que, pour la première fois, je fus noyé dans les « Lumières du Music hall » …

Si les étoiles ne donnent guère de Lumière, elles guident les bergers en transhumances, les marins égarés, et brillent sur toutes les vignes de France

Du haut des marches du Sacré Cœur quand le soir tombe, admirez sous les étoiles, à l’heure des veillées festives, notre Paris éternelle VILLE LUMIÈRE

Hugues AUFRAY