Laëtitia Angot – Permanence Chorégraphique

Laëtitia Angot – Permanence Chorégraphique
Laëtitia Angot – Permanence Chorégraphique

Laëtitia Angot – Permanence Chorégraphique

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre carrière professionnelle ?
Je m’appelle Laëtitia Angot, je suis chorégraphe et danseuse depuis quinze ans. En 2015, j’ai fait ce choix, artistiquement déterminant pour moi, de me consacrer entièrement à travailler à même le quartier où je vis, Porte de la Chapelle.
Avant cela, j’ai été directrice de compagnie, chorégraphe, performeuse et danseuse sur un mode plus habituel alternant période de répétitions et tournée.
La Permanence Chorégraphique Porte de La Chapelle, le projet que je dirige actuellement, invite les habitants à la pratique de la danse et à la création de pièces chorégraphiques en plusieurs lieux du nord du 18ème et le plus souvent possible dans l’espace public. Comment la danse peut transformer les lieux, nous réinventer, nous rapprocher ? Mais aussi comment les lieux et les habitants peuvent réinventer la danse ? L’improvisation, constitue la base du travail ce qui permet une ouverture à tous et à tous les styles de danse et permet de prendre soin de la façon dont chacun souhaite s’exprimer.
Finalement mon travail repose essentiellement sur le partage d’outils pour permettre ces improvisations et sur l’organisation des conditions lors des représentations. Le projet chorégraphique consiste ainsi à créer sur la durée, dans l’espace public ou lors de manifestations locales, des collectifs d’habitants, informels, éphémères et métissés.

Qu’est-ce qui vous a conduit à devenir chorégraphe, danseuse ?
C’est dans le cadre de mes études de cinéma que j’ai été sensibilisée à l’organisation d’expériences pour le spectateur. J’ai quitté ces études pour l’expérience du mouvement ici et maintenant sans pour autant ne plus être habité par les questions du cadrage, du hors-champ, du suspense. Comment les corps des personnes se rapprochent ? Que se passe-t-il dans le hors-champ de la pièce que l’on travaille ou présente ? Comment peut-elle travailler ce hors-champ ? Comment proposer d’autres chemins à notre regard de spectateur ou à nos mouvements de danseurs toujours à nouveau conditionnés par nos représentations, nos habitudes, nos cultures, nos codes et conventions ? Ce métier pose des questions fondamentales comme comment pratiquer ensemble et par conséquent comment vivre ensemble. Agir sur l’espace public permet de faire se rencontrer des personnes qui ne se seraient peut-être pas rencontrées ailleurs. Confier à la danse un peu de nos façons « de faire société » l’oblige à se poser aussi à elle même des questions éthiques, écologiques, politiques qui ne peuvent qu’en renouveler l’esthétique.

L’an passé vous avez participé à la Fête des Vendanges et plus particulièrement au Pique-Nique Citoyen : comment avez-vous vécue cette expérience ? Quel a été votre travail autour de cet événement ?
L’événement s’est déroulé à l’Espace de Glisse Paris 18 dans le quartier Charles-Hermite derrière les maréchaux. Nous avions fait quelques répétitions dans le lieu pour nous imprégner de ses éléments architecturaux avec lesquels nous n’étions pas familiers. Les glisseurs nous ont inspirés et 35 habitants-danseurs ont pu investir ce lieu absolument “dément” ! Ce lieu dédié à la glisse devenait aussi un lieu de danse des habitants !
Ils étaient accompagnés par la saxophoniste Florence Kraus sur des compositions de Peter Corser. Il y avait aussi les danseuses Annabelle Pirlot, Eliane Nlandu, Claire-Monique Scherer, Anne-Chloé Le Roy et les rappeurs 7fa7 et Brundours d’Entre4murs et j’aimerai nommer chacun …comme nous avons pu le faire ce jour-là ! Nous avons même intégré des personnes au dernier moment, c’est aussi ça la puissance de l’improvisation. C’était une expérience commune, inter-générationnelle, du mouvement et du lieu. Je dirai familiale, festive et à la fois abstraite !

Que représente pour vous la Fête des Vendanges de Montmartre ?
Le vin, la colline de Montmartre, les années d’après guerre, l’ambiance bohème. J’ai des images assez folkloriques, de costumes traditionnels, mais aussi des images plus récentes d’une grande fête collective. J’aimerai que cela représente pour nous cette façon joyeuse que les habitants du 18ème et les parisiens auraient annuellement de se retrouver, toutes classes confondues pour partager butte, mets et boissons, idées du monde comme musiques et danses !

Les couleurs sont le thème de cette 86e édition. Que vous évoque-t-il ?
Quelque chose de coloré c’est pour moi forcément quelque chose de pluriel, ce sont « des couleurs ». C’est également du coup une manière de s’engager à observer la diversité et à l’accueillir. C’est un thème qui engage à la chaleur, à la joie.

Si vous aviez à évoquer une couleur sans réfléchir, quelle serait votre couleur ?
Le violet ! Entre les pourpres et les bleus… C’est une couleur, pour moi, très lumineuse, très ouverte, que l’on trouve assez rarement finalement et elle me rappelle aussi, dans la vision que j’en ai, comment accueillir joyeusement que c’est, toujours aussi, peut-être, notre dernière danse…

Retrouvez Laëtitia Angot et la Performance Chorégraphique à l’Espace Glisse Paris 18 lors du Pique-Nique Citoyen