La marraine, le parrain

Madame Monsieur – marraine et parrain de la Fête des Vendanges de Montmartre 2018

Le 18ème est au centre de notre histoire.

C’est dans le 18ème que nous nous sommes rencontrés il y a plus de 10 ans, déjà autour d’un verre de vin, à la Divette de Montmartre rue Marcadet. Ce jour-là fût le premier du reste de notre vie et le début d’une longue histoire d’amour et de musique, qui nous a menés jusqu’en finale de l’Eurovision.

C’est dans le 18ème que nous avons vécu, rue Championnet, dans un tout petit appartement dont l’entrée d’un mètre carré nous servait de studio d’enregistrement. Les prises de sons de l’époque étaient alors entre-coupées de bruits de chasse-d’eau des voisins, des pas des enfants dans l’escalier et de notre gros chat qui grattait à la porte.

C’est dans le 18ème, à La Peña del Medio que nous avons travaillé chaque nuit pour gagner notre vie et s’octroyer le droit de faire de la musique le jour. Un bistrot chaleureux qui nous a ouvert les bras, offert son amitié profonde et dont JP le patron, quand nous avions des « coups de moins bien », n’a eu de cesse de répéter à qui voulait l’entendre qu’il aurait un jour ses entrées en backstage de nos plus beaux concerts. « Moi j’essuie les verres au fond du café… j’ai bien trop à faire pour pouvoir rêver… ».

Presque 10 ans après, c’est dans le 18ème que nous travaillons aujourd’hui, dans le cocon de Low Wood — un de ces petits labels indépendants qui font aussi la particularité de l’arrondissement — vivant pleinement le rêve que nous avons poursuivi sans relâche. L’ironie du sort c’est que désormais, nous créons notre musique dans les locaux d’un label dont nous servions les patrons à l’époque, alors qu’ils venaient déjeuner à la Peña del Medio, et que nous rêvions de leur faire passer nos maquettes.

C’est dans le 18ème que nous avons nos amis, ceux avec qui on refait le monde autour d’un verre dans la douceur du soir, et ceux qu’on salue chaque jour de la main de l’autre côté du trottoir, juste comme ça, parce qu’on se reconnait sans se connaître et que ça fait du bien. Nous avons « grandi » ici, et nous nous sommes construits au fil des rencontres et des expériences que nous offrent chacune de ses rues, dans ces quartiers chargés d’histoires de vie et de personnages qui ne cessent de nous inspirer.

Parce qu’on n’est jamais vraiment officiellement parisien quand on vient de province, être parrain et marraine des vendanges de Montmartre est un grand honneur. Ces vignes improbables et fières sont un tel concentré de l’esprit de paris et du 18ème, que cette invitation résonne en nous comme comme un adoubement.

Nous sommes extrêmement heureux de pouvoir célébrer ce 18ème ouvert sur le monde et conscient de son époque, ce 18ème qui valorise l’exploration, le partage, la tolérance, ce 18ème dans lequel tout est possible, à chaque coin de rue, ce 18ème qui célèbre la paix, toujours. Car la paix c’est savoir vivre ensemble. L’enfer ce n’est pas les autres, contrairement à ce que pense un philosophe qui ne connaissait manifestement pas la volupté de partager un verre de vin à Montmartre !

La paix est la seule vérité, celle qui brille dans les yeux de ceux qui se rassemblent autour d’une table, quelle qu’elle soit. La louer en toute circonstance est la seule responsabilité des artistes.

Puisse la paix continuer à jaillir des doigts des musiciens et des bouteilles de vin.
Puisse le 18ème rester le 18ème.

Emilie & JK
Madame Monsieur