Edito direction artistique

Le 18e fête la Liberté !

A travers l’histoire des hommes et des peuples retentit le même appel irrépressible, “Liberté !”. C’est un des mots les plus beaux, les plus riches qui se décline dans toutes les langues mais qui ne sonne pas avec le même lyrisme à travers le monde.

La liberté nous renvoie à la fois à la douleur tragique d’en manquer et à la joie exaltante de la conquérir et d’en jouir.

Elle balance entre deux mouvements. On l’envisage avec la rigueur des lois dans une perspective de défense des droits et puis elle nous amène sur le terrain de la création de libertés nouvelles et de l’imprévisible.

La liberté n’est jamais acquise, elle est en perpétuel mouvement.

Sœurs siamoises, liberté individuelle et liberté collective sont indissociables.

Liberté d’être et de faire.

Nous avons acquis le privilège de l’exercer. Nous sommes libres de choisir et de répondre de nos choix.

C’est pourquoi on la fête !

La liberté a la figure d’une femme dans le tableau de Delacroix « La liberté guidant le peuple », elle donnera naissance à une autre femme, la Marianne de la République. Offerte par les français, c’est aussi une femme, la Statue de la Liberté, qui accueille à New-York depuis 1886, voyageurs et immigrants. Rien moins que « La liberté éclairant le monde ! »

La liberté déclenche en nous des images, icônes, chansons, poèmes, événements… et l’on voit défiler tous ces grands moments de l’histoire, toutes ces luttes venues libérer et émanciper pays, peuples, femmes et enfants. Il y a des figures emblématiques, La Fayette, Victor Hugo, Spartacus, Flora Tristan, Nelson Mandela, Jean Moulin, Jean Jaurès, Rosa Parks, Gandhi, Angela Davis, Malala Yousafzai, Toussaint l’Ouverture, Aung San Suu Kyi pour n’en citer que quelques-uns, que l’on rêverait de voir débarquer sur notre Grand Défilé pendant la Fête, sans oublier ceux qui comptent dans le 18e arrondissement, Guy Môquet, le Chevalier de la Barre et bien sûr Louise Michel, institutrice combattante de la Commune Libre de Montmartre.

Tous ces résistants font référence, mais ils ne nous laissent pas pour autant occulter les « héros ordinaires », ceux qui cultivent la liberté quotidiennement, tout simplement, dans leur vie et dans leur travail.

Fêtons le bonheur d’être libres !

Libres de nous réunir et de partager, libres d’aimer, d’écrire, de chanter et de danser, libres de rire, libres de créer et d’entreprendre… libres !

Pendant cette Fête des Vendanges 2016 peut-être pourra-t-on voir surgir des Arbres de la Liberté, sur les squares, dans les jardins partagés ou dans la vigne de Montmartre ? Un vent de liberté décoiffant va souffler dans les rues, sur le Parcours du Goût, dans les théâtres et les galeries, dans les écoles et sur les marchés, chez les créateurs de mode de la Goutte d’Or comme chez tous les commerçants ou artistes de l’arrondissement.

Place au street-artistes, aux graffeurs, rappeurs et jeunes slameurs poètes !

Hommage aux cabarets satiriques historiques, aux caricaturistes humoristes qui, depuis des siècles et encore aujourd’hui, par leur impertinence, font souffler un rire salutaire sur nos libertés ! Hommage aux Bruant, Clément, Willette, Toulouse-Lautrec, Bonnard, Picasso, Prévert et Vian, ardents détracteurs des idées reçues, qui se sont bien retrouvés derrière les ailes du Moulin pour y souffler un air d’une éternelle vivacité !

La parole aux enfants !

Bien sûr, on pense au Gavroche gamin de Paris, aux P’tits Poulbots de la République de Montmartre, mais au-delà de ces images traditionnelles, les jeunes citoyens pourront fêter les Droits de l’Enfant au 21e siècle, petits philosophes ouverts sur le monde, ils vont réaliser le chemin parcouru !

Avec les 900 enfants de la Grande Chorale et le Choeur des Vendanges, on pourrait chanter ensemble La chanson parfaite – Liberté Egalité Fraternité d’Alain Souchon :

« Les paroles, elles sont faciles :

Regarde en l’air
Le mur de l’Hôtel de Ville,
Trois mots dans la pierre…
Ce s’rait une chanson parfaite…
Pour tous les gens d’la planète… »

Sur le ciel de Paris, notre célèbre artificier pourra inscrire en lettres de feux la superbe déclaration poétique d’Eluard « Liberté, j’écris ton nom ».

Anne-Marie Gazzini, directrice artistique